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Bières de quartier

Saviez-vous qu’à Bruxelles, on peut désormais goûter la Stockel, la Wiener ou encore la Saint Boniface? Des bières aux noms et aux saveurs évoquant les quartiers de notre capitale confectionnées avec l’aide des habitants. C’est le projet “Bières de quartiers” que Greg et Bruno nous présentent avec enthousiasme!

Greg, Bruno, en quoi consiste votre initiative Bières des Quartiers?

Bruno: Comme toujours, ça a commencé au cours d’une soirée un peu arrosée (il rit)! Je suis fan de bonnes bières et Greg, son truc, c’est la mise en avant des quartiers. Alors, on s’est dit: et si on assemblait nos deux passions, en brassant des bières qui fassent découvrir les spécificités de nos quartiers? On a commencé à tâtonner courant 2017 avant de s’y mettre
plus sérieusement et de lancer notre première création, la Trois Tilleuls, début 2018. On en a fait six autres depuis et on va bientôt lancer la huitième. Pas évident de transformer les spécificités d’un quartier en recette…

Vous faites comment?

Greg: On se balade sur place, on rencontre les habitants, on fait des recherches historiques… Le gros du travail, c’est un micro-trottoir que l’on réalise auprès des habitants et des commerçants. L’objectif n’est pas de leur demander directement le type de bière qu’ils veulent, mais plutôt de les faire parler de leur quartier au sens large, avec des questions comme: quel est le premier nom de resto qui leur vient à l’esprit? Si le quartier était un ingrédient, une couleur, un objet… ce serait quoi? De ces contacts, on obtient les informations qui, une fois digérées, nous permettent de sortir une recette qui soit un clin d’œil à ce que l’on retrouve dans le quartier.

Un exemple concret pour qu’on puisse se faire une idée?

Greg: Pour le quartier des Chasseurs ardennais, à Schaerbeek, on a créé une bière ambrée légèrement fumée pour rappeler les salaisons ardennaises, brassée avec des copeaux d’érable parce qu’il y a des érables classés sur la place.
Bruno: On souhaite que les recettes soient toutes différentes et accessibles au plus grand nombre. On évite les bières trop fortes ou trop sophistiquées. La Schweitzer est par exemple beaucoup plus légère, réalisée à base de miel et de pommes. Référence aux anciens vergers de Bruxelles et à la Fête de la Pomme de Berchem-Sainte-Agathe, mais aussi au collectif d’apiculteurs du bois du Wilder. La mise en avant des quartiers ne se limite toutefois pas au goût, je crois…
Greg: En effet, il y a aussi un gros travail graphique réalisé sur les étiquettes. On y retrouve un plan des rues en filigrane, un pictogramme qui joue le rôle de symbole et surtout, un petit texte qui rappelle le projet, présente la bière et raconte des anecdotes de quartier. Même les couleurs sont minutieusement choisies: pour la Cimdix (NDLA: diminutif de Cimetière d’Ixelles) par exemple, on a repris le bleu de l’ULB et le gris/beige des pierres tombales. Ainsi, le contenu de la bouteille et son étiquette forment ensemble une carte de visite houblonnée dans laquelle les habitants se retrouvent et dont ils peuvent être fiers.

Justement, comment sont les retours jusqu’à présent?

Greg: Ils sont bons! Je pense que les habitants et les commerçants sont contents de voir que nos échanges aboutissent à quelque chose de concret. Et de notre côté, quand la bière sort, ça fait plaisir de voir les gens qui l’achètent avec fierté. C’est important que les acteurs locaux y trouvent leur compte car nous sommes dans un processus de co-création avec eux depuis
les premiers contacts.
Bruno: Et cela va même au-delà du quartier, en fait. Dès la première sortie, nous avons été contactés via Internet par des collectionneurs qui, lorsqu’ils ont appris qu’une nouvelle série sortait, étaient intéressés par les étiquettes. Bon, ils ne cherchent pas spécialement à se renseigner sur le projet en lui-même mais c’est un truc de fou quand même.
Greg: D’ailleurs, les commerces partenaires ne se limitent généralement pas à la bière de leur quartier. Ils sont nombreux à avoir constitué un panel de trois-quatre Bières de Quartiers pour pouvoir proposer différents goûts à leurs clients.

Quel est votre “spot” préféré à Bruxelles?

Bruno: Ce n’est pas vraiment un endroit spécifique, mais j’adore l’effervescence du centre de Bruxelles. Autant les alentours de la Bourse et des Halles Saint-Géry que le quartier des Marolles. J’adore les vieux caberdouches qu’on y trouve encore. Boire un petit verre chez Toone, c’est toujours agréable.

INFOS : Bières de quartiers, www.bieresdequartiers.be/