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Des guides Use-it!

Des guides rédigés par des locaux, pour des touristes: c’est l’expérience unique proposée par les cartes Use-It, ou comment découvrir les plus grandes villes d’Europe à travers ceux qui y habitent. Elles sont six en Belgique à disposer d’un tel plan: Gand, Bruges, Anvers, Charleroi, Louvain et Bruxelles. Nicolas Marichal, Gantois et éditeur en chef pour Use-It Europe, nous détaille le projet.

Qu’est-ce qui fait la particularité des plans Use-It?

Ce sont des plans touristiques de ville, gratuits, réalisés par des locaux à destination des jeunes qui voyagent. C’est ce qui fait la différence avec les autres guides. Je crois que les gens qui ont habité une ville, qui connaissent les histoires derrière les bâtiments, ont toujours une autre approche. Le ton d’écriture est plus honnête, ils n’essayent pas de vendre leur ville mais simplement d’en parler. Les itinéraires de visite ne passent pas seulement par les attractions touristiques – même si elles y sont aussi évidemment – mais permettent de découvrir d’autres aspects de la ville.

Un exemple?

La Ville de Gand possède un nouveau plan de mobilité, donc toute la circulation a été modifiée. Pendant au moins un an, c’était un sujet dont absolument tout le monde parlait et qu’on ne pouvait pas aborder sans avoir une conversation animée de plus de trois heures. Le plan Use-It de Gand, pour cette année-là, l’évoquait donc en ces termes: “vous voulez démarrer une conversation? Mentionnez simplement “circulatie plan” à n’importe quel habitant et vous êtes partis pour toute la nuit.” C’est important d’avoir ces infos qui sont à jour et sortent de ce que n’importe qui considère comme ayant un intérêt touristique.

Comment ces plans sont-ils réalisés ?

L’initiative vient toujours des locaux. Jamais d’un professionnel, parce que notre projet est totalement non-commercial. Dans 90% des cas, ce sont des jeunes qui ont voyagé, qui ont découvert et utilisé Use-It dans les villes qu’ils ont visité et qui se disent: “et si on faisait pareil pour notre ville”. Ensuite, c’est la partie la plus ardue qui commence pour eux: ils doivent trouver de l’argent. La base du travail est faite par des bénévoles mais on a quand même des frais pour l’impression, le graphisme, etc. On a donc besoin d’argent public, mais c’est vraiment difficile. Parce que notre projet est non-commercial, parce que les bénévoles sont jeunes et n’ont généralement jamais rempli un formulaire de demande de subsides de leur vie, etc.

Ce processus en décourage beaucoup?

Oh, oui ! Il n’y a pas une semaine qui passe sans qu’une nouvelle personne nous contacte pour faire un plan Use-It. Mais je dirais que pas même 5% d’entre eux vont au bout. Pour Lisbonne par exemple, j’ai déjà été contacté 15 fois au moins. Pourtant, il n’existe toujours pas de plan Use-It de Lisbonne. Malgré tout, nous sommes persuadés que c’est comme ça qu’il faut procéder. On ne veut pas professionnaliser le processus parce qu’on ne veut pas que les villes deviennent éditrices du plan. Elles auraient toujours un autre agenda.

Où peut-on trouver les cartes Use-It?

Dans les auberges de jeunesse, les infos touristiques, dans les packs étudiants des universités, dans les centres culturels, etc. Ça dépend des villes, en fait, parce que la distribution est organisée localement. Les bénévoles ciblent logiquement les endroits qui attirent des jeunes venus de l’étranger. Les cartes de toutes les villes sont également téléchargeables sur Internet mais je trouve ça moins chouette qu’une carte papier.

Pourquoi?

Notre intention, c’est aussi de montrer la ville en tant qu’organisme, voir comment elle fonctionne. Si tu n’utilises qu’une application, tu ne vois jamais la ville dans son ensemble, comment elle est structurée.

Avez-vous un endroit en Belgique que vous affectionnez particulièrement?

Il y a un arbre à Gand qui est marqué comme un bâtiment sur le plan Use-It tellement il est monumental. Chaque fois que je passe devant, je suis impressionné par sa taille. Il est lié à une histoire personnelle: à un moment, avec Use-It, on a décidé d’inventer une histoire locale en la présentant comme une ancienne tradition. Vous connaissez les statues qu’il faut caresser pour avoir de la chance? On a, pour rigoler, écrit sur le plan Use-It de Gand que ceux qui croisent cet arbre doivent lui faire un “hug”. Un mouvement s’est lancé et pendant longtemps, on voyait régulièrement des voyageurs venir faire des câlins à cet arbre. Une belle réussite!